L'US Dax rugby garde un œil sur la Guadeloupe
Gilbert Ponteins décrit « un pont ». Un sacré ouvrage, long de milliers de kilomètres. Le président de l'US Dax rugby pro, Philippe Celhay pour le secteur amateur, ont signé samedi une convention de partenariat qui lie désormais leur club à celui de Saint-François, en Guadeloupe . Son manager sportif, Laurent Habierre, était l'hôte de l'USD samedi. Ancien joueur de Biscarrosse, le Guadeloupéen d'aujourd'hui n'est évidemment pas dépaysé dans les Landes.
Quand il a déménagé sa vie sur l'île caribéenne, s'investir dans un club a été son premier réflexe. Saint-François réunit « plus de 90 gamins » à l'école de rugby. « Il n'y a pas la culture de ce jeu, mais on observe une dynamique là-bas. Surtout depuis la Coupe du monde. Et les Guadeloupéens ont maintenant des références : Mathieu Bastareaud est originaire de l'île. Dave Vainqueur y a découvert le rugby au club de Good Luck. J'ai un café-concert et je peux vous dire que quand Paris joue, j'ai du monde pour le match. »
« Vraiment un potentiel »
Les éducateurs et entraîneurs réalisent un beau travail avec leurs jeunes. Problème : cet effort s'interrompt quand ils doivent partir étudier en métropole. En ce moment, Saint-François est fier d'un gamin prometteur. Thomas a 17 ans, un beau potentiel de troisième ligne, peut-être de talonneur. « Il doit partir et ce serait dommage qu'il n'y ait pas de suivi. Alors je me suis mis en rapport avec Dax. » Le club a immédiatement réagi. Jérôme Daret, le directeur du centre de formation de l'USD, dégaine : « Nous allons recevoir ce jeune en avril pour lui faire passer des tests. On s'est dit qu'il ne fallait pas s'arrêter là. Qu'une nouvelle filière de détection s'offre à nous. »
Inutile de faire un dessin : « On connaît le potentiel athlétique de ces jeunes. Il y a un morphotype robuste forcément intéressant en rugby. » Laurent Habierre abonde, qui voit passer « des gars avec des appuis innés et de bonnes courses ». « Il y a vraiment un potentiel. On ne dit pas que tous les Guadeloupéens vont un jour jouer en haut niveau, mais il y a certainement des découvertes à faire. » Jérôme Daret : « Désormais, on aura un œil sur les jeunes de là-bas. Et on peut apporter notre expérience, l'aspect pédagogique pour aider à structurer la formation sur place. »
Avec Biscarrosse et Parentis
Les déclinaisons possibles du partenariat sont nombreuses. Des interventions des techniciens dacquois sur place, des échanges de jeunes… « Leurs gamins qui arriveront en métropole sous notre responsabilité trouveront un cadre. C'est sécurisant. » Laurent Habierre l'entend exactement de cette oreille. Il sait que « les jeunes n'ont pas tous une structure familiale ou une situation sociale stable pour venir en métropole dans les meilleures conditions. Là, ils auront un suivi sportif, mais aussi scolaire. »
Seuls quelques-uns auront le niveau pour intégrer le centre de formation dacquois. Mais les clubs de Parentis et Biscarrosse (par ailleurs partenaires de l'USD) seront aussi impliqués dans les échanges de bons procédés. La filière « Gwada » pourrait bien nourrir les Landes à l'avenir.
Avec ses nouveaux relais, Habierre entend donner une autre dimension au rugby, dans les Caraïbes où football, basket et cyclisme sont les sports rois. « On prépare un grand tournoi à sept en Guadeloupe , par exemple. Il y a énormément de travail à réaliser. Mais cela vaut la peine, le vivier est grand. »
Pierre Penin